Le face-à-face

                             Les retraités sont-ils des larves ?

En regardant le débat appelé « Face à face » diffusé sur C News les soirs, celui entre M. Henri PENA RUIZ, penseur de gauche et Éric ZEMMOUR qui n’est plus à présenter, m’a agacé lourdement.

 La pauvre journaliste qui doit gérer les temps de parole n’y arrive pas. Notre époque a un grave défaut, la difficulté d’écouter l’autre, de tenter de comprendre objectivement ce qu’il veut dire, bref, de l’écouter. D’autant que chacun estime être celui qui sait. Il doit donc imposer son savoir à celui d’en face, un pauvre ignorant. Et  ainsi, il fait de même avec les téléspectateurs.

La France est forte d’énormément de spécialistes : on se demande comment il peut encore y avoir des problèmes en France avec autant de solutions : le choix est immense. Peut-être que le problème est là ; trop de solutions…

 Si on ajoute en politique au niveau des médias, la langue de bois et l’obligation  de tenir les seuls éléments de langage donnés par le parti, nous voilà jetés dans des propos  dont on peut deviner ce qu’ils seront en lisant l’étiquette politique indiquée sous celui qui intervient.

Rares sont les députés s’écartant de la doxa de leur étiquette. D’ailleurs, cela se remarque facilement par l’exclusion de celle ou celui qui s’écarte des idées devenue sacrées. C’est tellement flagrant, que les mêmes mots sont employés, dans un ordre parfois peu diffèrent entre les parlementaires, comme on récite une leçon difficile mais bien apprise.

 

Éric ZEMMOUR lance que le bonheur est dans le travail, pas dans la retraite à ne rien  faire qui ne concerne que des larves (sous-entendu, les retraités sont des larves). J’ai déjà  entendu pas mal d’insultes, mais larve, encore pas. Nos retraites sont donc « larvées »…

Il ajoute que sans contrainte, l’homme ne fait rien… On peut ajouter dans la même logique donc, que la contrainte est ce qui permet le bonheur de l’Homme. Là, il faut oser…Bref, être vacances rend malheureux, et le seul retour au bonheur est dans la reprise de son labeur.

Quelle belle définition de la notion de travail quand on sait que l’origine du mot (tripalium) est liée à un instrument de torture en latin. (Les  Romains avaient au moins du bon sens .Il est vrai que l’on parle d’un travail de romains, donc eux  doivent savoir ce que c’est que de bosser !

 La mécanisation  intense et robotisée des fabrications a multiplié par 8 la capacité  de production en plusieurs décennies. Qui a bénéficié de ces gains de production énormes, même en déduisant le coût d’investissement des machines et leur entretien.

Il  a échappé à M.ZEMMOUR  que certains métiers, nombreux  d’ailleurs, ne libèrent pas, mais oppriment. Quel bonheur pour l’éboueur de courir derrière sa benne à ramasser les ordures ? Quel bonheur de travailler à la chaîne à faire les mêmes gestes des milliers de fois ? Quelle joie de rendre la monnaie à une caisse pendant 40 ans, voire plus ?

On se rend compte qu’il faudrait plus d’une vie pour connaître toutes ces joies apportées par tant de métiers. Là est peut-être l’explication de la réincarnation…Il faut mieux partager le  bonheur dans le travail.

Je vais écrire à M.BLANQUER, car voilà un bon  sujet de philo pour le bac de juin : « Le bonheur est-il dans le travail ? « . Seuls les normands auront une réponse ajustée :  » Peut-être que oui, peut-être que non. « 

On  appelle cela un avis « balancé ». Les normands de bord de mer ont un  avis « chaloupé »…Bref, avec de telles émissions, on tangue à en vomir.

                                      Dominique BAGUET